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Du 6ème au 11ème siècle L’Histoire n’a pas conservé de souvenir du château antérieur à 1099 : à cette date, il aurait été occupé par trois princesses dont l’une fêtait ses fiançailles. A la faveur de ces festivités et d’un épais brouillard, des ennemis réussirent à s’approcher sans être vus, à pénétrer dans le château et le détruire. Aucune autre précision sur cet événement, sans doute né de la vengeance ou de la jalousie de seigneurs voisins. Simplement, on peut avancer que la famille des Ribeaupierre faisait partie des assaillants puisqu’elle se retrouve ensuite maîtresse des lieux, jusqu’en 1309 où la seigneurie passe aux Girsberg. Cette famille, voisine des Ribeaupierre près de Ribeauvillé, ne devait conserver le Ban que peu de temps. Les RatsamhausenEn 1383, le château passe à la branche des Ratsamhausen zum Stein (mot à mot : de la roche), ainsi désignée pour la distinguer de la branche des Ratsamhausen zu Ehnweiler dont le château situé près d’Otrott régnait sur la vallée de l’Ehn avec Ehnheim (Obernai et Niedernai). C’est cette famille qui donne son nom au Ban. En 1471, le château fut démantelé à la suite de la défaite de Gérothée de Ratsamhausen contre une colaition de seigneurs voisins. Les VeldenceLes Veldence s’étaient signalés par une activité débordante très en avance pour l’époque : ils avaient construit Phalsbourg, aménagé des routes et des chemins à travers l’Alsace du Nord, et surent reconnaître que la région du Ban de la Roche recélait des minerais de fer. Sous leur impulsion, c’est une nouvelle vie qui commence : beaucoup de cultivateurs, tout en conservant une petite exploitation agricole pour leurs besoins, se firent mineurs, cantonniers, voituriers ou bûcherons ; l’approvisionnement des mines et des fourneaux en bois procurait des emplois rémunérés et profitait aux habitants. La guerre de Trente ansMalheureusement, la Guerre de Trente Ans devait bientôt tout remettre en question. Puis, Léopold-Louis s’endormit en 1694, laissant trois filles dont aucune n’eut de fils et dont la dernière, Dorothée, mourut en 1723. C’est alors que le seigneur d’Angewiller, Intendant du Royaume en Alsace, prit possession du Ban de la Roche au nom du roi de France. Lui succédèrent sa fille, Dame de Ruffec, puis le gendre de celle-ci en 1762, Boulmy de Voyer d’Argenson, qui érigea le fief en comté. Le baron Jean de DietrichMais, pressé par des soucis d’argent, il le céda en 1771 au baron Jean de Dietrich, Stettmeister de Strasbourg. L’industrie prit un nouvel essor : c’est l’époque où Rothau produisait une fonte de si grande qualité que la production ne pouvait suivre la demande, malgré la concurrence proche des mines de Framont appartenant au sieur Champy. Jean de Dietrich vendit tout à ce dernier en 1799. C’est qu’entre-temps, le baron avait vu son fils guillotiné et que la Révolution avait multiplié les difficultés pour l’approvisionnement des forges en bois. Les habitants s’arrogèrent le droit de se servir eux-mêmes dans les forêts pour subvenir à leur chauffage et commirent quelques désordres. Le sieur ChampyLe sieur Champy régla finalement le problème en 1813 en cédant aux communes un tiers des forêts. Lui-même conservait la haute vallée de la Chirgoutte y compris la Charbonnière, ainsi que la haute vallée de la Rothaine. Les deux parties furent ensuite séparées à la suite d’un héritage. La dernière représentante de la famille sur le domaine de la Charbonnière fut la baronne de Lyon. Désirant exploiter les richesses de la forêt, elle fit construire une scierie sur la Chirgoutte. Une fois encore, les difficultés financières apportèrent du changement : la scierie dut s’arrêter et le domaine fut vendu en 1890 à un marchand de bois de Kehl. A la fin du 19ème et dans le premier tiers du 20ème siècle, une nouvelle alternative détourne les habitants du Ban de la Roche des activités traditionnelles qu’étaient la culture, l’extraction minière et l’exploitation de la forêt. Nombre d’entre eux émigrent en effet aux Etats-Unis, se retrouvant pour la plupart à Woolstock dans l’Iowa. C’est ce qui explique le jumelage du Ban de la Roche avec Woolstock en 1984. Bellefosse et la Première Guerre MondialeLe 3 août 1914, l’Allemagne déclare la guerre à la France. Aussitôt, la 1ère armée française reçoit l’ordre de passer à l’offensive et de s’emparer des cols des Vosges et du massif du Donon. Entre le 4 et le 8 août, les chasseurs alpins conquièrent successivement les cols de Bussang, de la Schlucht, du Bonhomme et de Sainte Marie, balayant l’ennemi. Le 12, ils prennent Saales. Le 14 au matin, on voit arriver à Bellefosse, sous les arbres de Bas-Lachamp, toute une rangée de canons dont les premiers coups portent vers Plaine. Le même jour, après avoir conquis Saint-Blaise à la baïonnette, les troupes françaises s’emparent d’un drapeau allemand, le premier de la guerre, aussitôt envoyé à Paris au ministère de la guerre. Désormais, les chasseurs alpins descendent de la vallée de la Bruche. C’est alors que les combats font rage. Les troupes françaises prennent Plaine, Schirmeck et Grendelbruch. Mais, dès le 18 à l’aube, toutes les forêts environnant Bellefosse, Belmont et Waldersbach regorgent de soldats allemands. Aujourd’hui, certains se souviennent encore à Bellefosse de l’arrivée des soldats français par la côte de la Boucherie, vêtus de leurs pantalons écarlates. La bataille dure jusqu’au 20 août. Plus à l’ouest, les batailles de Rambervillers et de la Haute-Meurthe donnent victoire aux Français. L’ennemi recule pour se retrancher. La guerre des tranchées commence en octobre 1914. Bellefosse et la Seconde Guerre MondialeLes premiers Allemands arrivent à Bellefosse le 21 juin 1940 et s’installent au refuge du Ski Club Schiltigheim. D’autres arrivent en side-car et s’installèrent dans les jardins, les prés et les champs. Côté français, une partie du régiment d’infanterie de forteresse (R.I.F) était stationnée à Bellefosse depuis plusieurs jours. Il y a eu pendant quelques heures une terrible bataille avec, très probablement, des blessés dans les deux camps. Une centaine de prisonniers français ont été emmenés à pied vers Belmont. Bellefosse / Histoire
Louise Scheppler est née à Bellefosse en 1763. A l'âge de 15 ans, frappée par l'extraordinaire personnalité du pasteur Oberlin, elle rentre à son service pour soulager la misère des paysans. Le Ban de la Roche est alors une enclave isolée entre les populations germanophones de l'Alsace et francophones de Lorraine ; le peuple n'y parle que le patois, obstacle (ou protection) à la communication vers l'extérieur. Elle devient éducatrice, « conductrice de la tendre jeunesse » Stuber, le prédécesseur d'Oberlin, qui avait introduit le tricotage et le tissage auprès des femmes dans le but d'améliorer leur ordinaire, suggéra à Oberlin d'organiser des « écoles de tricotage » pour la formation des enfants, toujours dans le but d'adoucir les conditions de vie économique. Oberlin en transformera l'esprit, constatant l'état d'abandon dans lequel vivaient les jeunes enfants, négligés par leurs parents puisque inutiles aux travaux des champs. Les « poêles à tricoter » vont naître, poêle signifiait salle commune. |
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